Ni

à paraître le 16 janvier 2020 chez PONTCERQ
14 décembre 2019, par Dominique

Le Marais des moyennes

adresse à ceux qui en tiennent une couche

Vous vous rassurez de vous penser des couches moyennes parce qu’à vous deux – vous avez fini par vous marier malgré tout – vous gagnez mensuellement cinq mille euros et plus ; parce que vous conduisez l’une, un tracteur hybride et l’autre, une patinette ; parce que vous disposez d’une marie-claire maison en banlieue et d’un très-petit studio érennebizé de gauche à droite en ville ; parce que vous partez chaque année dans ces pays où la plage est moins chère – mais ça augmente, mon cher, c’est fou skeuça augmente ! – ; parce que vous lisez Talaramasse avant de baver devant les exploits de L’Équipe de France de Foutre, de Rubguy, de Volabeul, de Curlingue féminin ; parce que vous avez lu un Durée de Marat et deux Lèchenez, ou l’inverse ou Le Riossec ; parce que vous avez acheté une sérigraphie de votre amie peintre, une vraie artiste, elle. Bref, vous êtes très inquiets ; vous devinez que Macron et sa coupole de banquiers va vous tomber dessus dans deux jours. S’ils pouvaient plutôt, ces modernes, écraser une bonne fois pour toutes, en leur fermant la gueule à coups de bottes, tous ces Jules&Jim zadeux, ces syndicalistes incroyants, ces sans-dents staliniens, ces black-beurks islamistes, ça vous arrangerait. Ouais. Arrangez-vous. Quant à moi, je vous ai bien arrangé.

Ni.

Afin de couper cours à toute tentative artistico-littéraire, je prie l’éditeur du livre de Léon Constantin Brahms, qui m’a choisi pour sujet, de bien vouloir publier ceci, avant que la perspective même d’une révolte ne soit étouffée par le fromage des bergers, l’encens des mages et la trompette de l’archange.


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Lake Puurijärvi

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