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Une lettre de Ni

à F. P.
1er avril 2020, par Dominique

Ni écrit à F.P. de sorte à s’éclaircir les idées.
En somme, le coin bon se retrouve Gros-Jean comme devant : il aura écrit pour rien. Sans doute l’écrit ne s’est-il pas écrit là où il faisait défaut. Poubellisé Lacan. L’impression matinale est que la situation dans laquelle je trempe, puisque avec le coin bon et bien d’autres j’y suis plongé, évoque celle d’une analyse, du moins pendant ces longues périodes où tout se présente agglutiné sans qu’une compréhension soit possible, du fait même de l’agglutinement. Quelque chose comme une métonymie généralisée, métaphores impossibles faute de coupes ; l’écriture wolman en donne des exemples dans ses peintures dépeintes. La solution analytique, c’est la coupe. Le vers est plus lisible que la prose, s’il est coupé avec justesse et dextérité. Tout semble faux. Le vrai que le coin bon suppose semble délivré faussement. C’est en somme ce que le coin bon entendait dire avec ses « vrai faux » et « faux vrai » augmentés bientôt en « vrai vrai faux », « vrai faux vrai », « faux vrai faux » et « faux faux vrai » – savoir jusqu’où il serait possible d’augmenter encore ces curieux enchâssements John Brunner. Tout ce vrai faux qui arrive, qui es gibt, peut être retourné en faux vrai, fiction dont on pourrait attendre un premier éclaircissement, si ne se proposait plutôt du [faux vrai] faux, soit ce que d’aucuns nomment « éléments de langage ». La fausseté de ce court propos saute aux yeux, il ne s’agit de rien d’autre que de propagande. Une fiction qui vient confirmer le vrai faux, dont le vrai est refoulé ou balancé dans les abysses. Quel est le vrai de cette maladie ? Ce ne sont même pas les chiffres, sur lesquels on aurait

autrefois pu compter. Il y a des morts. Qui meurt de cette maladie ? Il semble, il semble au coin bon puisque c’est d’écouter le discourcourant que le coin bon entend cela, que la mort frappe des personnes affaiblies par les conditions mêmes de leurs vies, qu’elle frappe d’autant plus que le système de santé, soit le discours médical d’aujourd’hui, est incapable de les soigner. L’homme disait-on ne se pose de question qu’autant qu’il puisse y répondre ; mettons, il s’invente des maladies contre lesquelles il ne peut lutter. L’homme vaut ici pour le sujet du discours capitaliste, le sujet de la marchandise. Le vrai de cette maladie, la vérité de ce réel (ceci est une idiotie), serait donc « nos conditions ». Ce dernier terme revient à Denys Ridrimont. Denys dit un jour que la question politique était simple, qu’il suffisait de réduire les groupes humains à quelques centaines, où l’on puisse connaître et décider qui commanderait. Le coin bon fit mine de savoir puisque c’était évident selon Ridrimont, dans l’attente qu’il s’explique. Il n’a rien dit de plus. Aujourd’hui que le coin bon se réveille, il perçoit un peu mieux la chose. Ce qu’il faudrait au coin bon, se dit Armeline Fourchedrue Quentin Blake, c’est de quoi rompre le discours capitaliste, qui bloque les conditions, afin de permettre la circulation entre les quatre autres discours possibles. L’om est fixé par le mirage de la marchandise. Un masque, par exemple. Le peu de vrai qui sourd de ces phrases tente l’angoisse. Par ailleurs signe du vrai.


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