Kairos

un poème et quelques notes
28 mars 2020, par Dominique

Kairos, à A.B.

poème sans clarté dont une effraie s’effare
l’œil intermittent d’une sentinelle luit
jeté là dans la nuit tourne le feu d’un phare
dès l’aube éteint morne planton blanc le jour lui

soleil masqué ou plein cède au relais l’attente
le vers suivant toujours premier vient d’un autre œil
celui du nerf onzième ou pas brusquée la pente
ou douce c’est selon avec ou sans l’écueil

un roc un bris quelque chose ou buter trébucher
se reprendre changé du pareil au bûcher
os à ronger coke à brûler sans se déprendre

oublié le même reviendra chahuter
retenu l’identique se verra chuter
reste la ligne œil jour nuit phare écueil à tendre

Propos pour traiter d’un style

Kairos, le moment opportun grec. La contingence Lacan.
A. B., l’amie Anneke Brassinga.

Premier venu, une nuit. La fenêtre donne sur la rue qui mène au phare :
D’un phare aussi parmi la nuit tourne
Le D’ semble ajouté.
Puis :
Aussi (parmi) (devant) la nuit tourne le feu d’un phare
Scintille intermittent l’œil (de la) (d’une) sentinelle
poème (à la) (sans) (d’une) clarté dont une effraie s’effare

Puis :
Poème sans clarté dont une effraie s’effare
Scintille intermittent l’œil d’une sentinelle
Jeté là dans la nuit tourne le feu d’un phare

Voilà pour la trace laissée de l’épisode. Une autre hasard qu’un lever nocturne reconduit au cahier qui reprend la strophe et la modifie. Le vers suivant est donc une fois de plus, premier, comme l’indique la deuxième strophe.
Onzième, de onzième heure, voir la parabole des ouvriers de la onzième heure, sous-entend la treizième de Nerval. De même au bûcher de la troisième strophe, écrit dans l’élan de du pareil, sous entend au même repris à la quatrième.
La dernière strophe laisse paraître la double référence, Malherbe et Ponge, qui assura la tension dès la reprise de la première strophe retrouvée au cahier. Verlaine peut être suivi sans alcool ni eau bénite. Ces deux produits ne sont de nécessaire consommation pour éviter la littérature ; quant aux idées, dont pas un poème n’est jamais sorti, qu’elles en sortent s’il se peut.
Enfin, vérifié par le poème : l’objet est cause du désir, mais s’il fallait dessiner cela, avec un regard tourné vers la fenêtre où le phare pulse, l’objet manquant serait derrière la nuque de l’observateur, causant précisément le désir.
Restons-en là pour aujourd’hui.


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