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Un Dorman chez P.O.L.

quatrième d’un livre à paraître
30 avril 2014, par Dominique

J’indique pour commencer, d’un ajout du 4 mai 2014, et pour avoir remarqué combien nombreux ne le voyaient pas surgir du ciel dont une photographie est ici placée, ce quelque chose qui parfois se nomme un regard, météore qui peut-être poursuivit Caïn.

Revenu un premier mai de novembre bruineux, j’ajoute :

Ce livre, je l’ai déjà presque oublié. C’en est un autre qui m’arrête. Et ces deux radiophonies qui bientôt oubliées brouilleront mes souvenirs de voyage. Reste l’os. L’os : un très gros os comme j’en ai vu dégager un d’un énorme tas de viande, chez mon boucher, très gros et très dur. Un os pour gypaète, cet oiseau qui les emporte en l’air et les lâche au-dessus de rochers, qu’ils s’y brisent. Celui dont je parle est métaphorique, et ne casse pas des briques. Mon os est qu’à la radio comme dans un livre, je n’ai absolument rien à communiquer.

"Ce qui porte ces gens, ces gens qui ne se satisfont pas des conditions astiquées de la représentation, le désir sur lequel ils ne cèdent, n’est certainement pas la curiosité qui les voudrait vouloir en savoir un bout de plus. Non, ces gens-là mettent à bas le monde, déchirent la feuille de haut en bas et remontent le tout de bas en haut médusant la plupart. Ils décrivent tout et tout écrivent."

J’ajoute ce 1er mai cette remarque matinale et, disons, syndicale :

Tous poètes ! Car tous savent que c’est de leur discours qu’ils tiennent leurs capacités de jouissance et leur jouissance. Le politique sait que sa position, sa situation, ne tiennent que de la propagande. Le cadre, c’est-à-dire le plouc, que de la publicité. Le psychanalisse que de sa théorie. C’est pourquoi le poète, ces jours-ci, est à la fois piétiné et porté aux nues. Et les poètes se piétinent eux-mêmes se portant aux nues les uns les autres. Si la psychose fit entendre cela à de certains poètes, je dois ce point de vue à de très lointaines réticences. Rétif, l’animal, d’avoir été mal dressé.

Ce premier mai dure, j’ajoute :

La poésie, ça n’est pas d’la littérature, pas plus que d’la lattérature ou d’la litturaterre. C’est la jouissance du Voir Dit. Le discours capitaliste interdit toute jouissance quelle qu’elle soit, autre que celle des pauvres objets qu’il produit non sans mal avec beaucoup de destruction tout autour. La contradiction est patente, dont les tensions ne se résoudront jamais que d’une solution de continuité. Ou c’est qu’il faudrait cesser de parler. Ce qui pourrait venir, aussi.

Premier mai toujours, avec une arrivée des martinets, reprenons :

Lacan nous fait noter que la peinture sert de dompte-regard. Le spectateur renonce à être peintre, grâce au peintre. Il se contente, il se satisfait de contempler. De même, au concert, nous satisfaisons-nous d’entendre que d’autres se font entendre. Le concert est dompte-voix.

Rue du premier mai prolongée anciennement impasse du beagle :

« Recueil d’idées, de mots, de genres et d’œuvres retraçant la chronique d’une vie à Paris, sollicitée par la musique, la littérature et la pensée. Elle se poursuit par des poèmes de G. de Machaut, des extraits du recueil Les métamorphoses d’Ovide, des dessins de F. Matton, une mise en scène théâtrale de J. Spicer ou encore Les métamorphoses d’A. Liberalis. »

Tel est décrit le Dorman à venir sur le site d’un Trèsgrosmagazinprix.

D’un premier mai qui n’en finit plus, je sors :

Un discors concordia surgit d’un livre ouvert. Il s’agit du titre d’un colloque où intervint Merleau-Ponty. L’autodidacte s’inquiète. Le discors concordia qu’il a repéré au cours de sa traduction d’Ovide serait donc un poncif, une formule de rhétorique vue et revue ? Va-t-il se ridiculiser, cet autodidacte ? Car l’autodidacte est l’autodidacte de l’universitaire, c’est entendu. L’autodidacte se précipite donc chez l’universitaire, pour voir. Il voit. Il voit qu’il n’a pas à avoir honte. Tout de même, il a honte de sa crainte. Et tout de même, il vient ici raconter l’anecdote avant que son livre ne sorte !

J’entends ça, toujours ce premier mai interminable :

Il y a aussi cette solution de dire que dans mort il y a mordan ça pourrait expliquer le drôle de titre Dorman de son bouquin.

Quant au tremens (tremblant) fil narratif on l’aurait déjà trouvé chez les auteurs Pinget puis Mémoire dans le genre style et en remontant chez ceux qu’il lui arrivait de traduire.

Cependant à fond débloqué si tant est qu’un fil puisse l’être. Disons très lâche et voilà pour la lâcheté en littérature ça vous fera quelques auteurs à citer en plus. C’est souligner que la fiction ne l’intéressait pas plus que ça sinon qu’elle était obligée comme on dit pour la musique.

Non bien sûr en définitive tout tourne autour d’un ou deux ou d’x signifiants qu’il tripotait suçotait bavochait tant et plus qu’il craignait finir d’un cancer de la mâchoire Wolman Freud et pas mal d’autres à noter encore.

L’intérêt de lire un tel bouquin c’est d’éviter ce genre de maladie puisque ce tripotage c’est l’auteur qui l’aura fait pour vous qui mourrez d’un autre cancer que celui-là ou d’une attaque. Je n’en vois pas d’autre puisque, comme me disait mon neveu vétérinaire à Bosieux qui l’avait trouvé au vide-grenier de Carancé-sur-Grenelle et me l’a donné après avoir tenté de le lire : "Je peux bien te le donner moi je n’y comprends rien."

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