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Oléron divague

chapitre 5 page 227
6 avril 2016, par Dominique

Mon cher David, voyez-le, là, devant-vous, l’éternel objet de notre désir ! Eh bien quoi, ouvrez les yeux, le trait unaire ! Einziger Zug, David ! Vous ne savez pas l’allemand, bon, unary trait, David ! Le simple trait, et celui-là parfait, avec même, à la chinoise, la légère impulsion finale, en bas, David, en bas ! Voyez-vous sur le sable les légères traces indiquant l’indécision quant à sa place, et les lignes horizontales qui mimeraient presque celles de votre partition, pardon, de votre carnet ? Ce n’est pas tous les jours qu’on peut voir une chose pareille ? Mais si, mais si, allons donc ! Ce trait est le départ du lisible océanique, croyez-moi, vous en verrez d’autres ! Avec moi, naturellement.

Les deux hommes, David Attenborough que tout le monde connaît et Brahms que beaucoup croient reconnaître, s’éloignent et passant d’un niveau à l’autre des laisses de mer, collectent les éléments de la première formule du lisible océanique : l’appui d’un trait sur un point,

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Pour finir en beauté la promenade, les voilà qui reviennent en longeant les baïnes où les vaguelettes finales s’éternisent avant de reprendre élan. Là, le vieil océan est pris sur le fait et David ronchonne car il a les pieds trempés. Brahms lui conseille d’enlever ses chaussettes et c’est pieds nus que tous deux se penchent sur une figure très élaborée. Un cadre formé par une tige sèche pour deux de ses côtés, par des galets pour les deux autres. Les voilà qui repartent, mais plus haut, vers la dune.

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