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Enseignements

décès d’un ami
28 juillet 2015, par Dominique

Il y a des enseignements à tirer de la mort d’un homme.

Ce n’est pas lui qui les tire, ni même lui qui les propose.

J’écris parce qu’un homme est mort, issue d’une maladie dégradante.

Not « in a proper ending – that is to say, something to what Freud understood as the desire of the organism to die in its own way and not according to the modification or pressure of something from without » (Paul Fry, Yale)

Première déroute, dernier détour.

Cet homme, il y a quelques années, avait vu faillir l’ouvrage que je crois pouvoir dire de sa vie. Comme une carpe sur la rive, un dernier soubresaut violent, une dépense cavalière lui avait permis de tenir quelques années « supplémentaires ». Un « supplément » que l’humeur et la politique gestionnaire de l’époque ne pouvaient permettre. Sur le point de faillir à son tour, cette reprise à bout de bras s’ajouta l’angoisse de la maladie du temps et sombra.

Il aimait les femmes.

Je le connaissais peu. Je ne connaissais rien de son histoire. Il jouait au con parfois, me l’avait signalé, me disant combien il pouvait être utile de passer pour un con, un bon vieux con, « imposant, généreux et révolté ». Ils écrivent cela de lui, et répètent, généreux.

Ah.

Je vois qu’il jouait contre. Que cela déplaît. Et déplaît tant que cela passe inaperçu, qu’ils le feront jouer, à l’occasion de leurs hommages, dans la même cour que la leur.

Pourquoi la mort de cet homme m’a-t-elle troublé au point que j’en écrive ? D’autres sont morts ces derniers temps, plus ou moins proches, dont je n’ai rien écrit.

C’était un des rares auprès desquels je suis endetté.


prise de vue DM le 14/08/2009 à 12:48:09

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