Dérive

voyez "drift" en anglais
21 décembre 2015, par Dominique

S’il est vrai qu’à la base de toute écriture il y a l’image, ce ne peut être qu’un constat technique, le dessin et l’écriture partageant au niveau biomécanique les mêmes bases physiologiques puisqu’ils sont l’un et l’autre des signes visuels. Glassner, 2009.

Je commence par une note de Jacques Lacan mise en vente il y a quelques années.

Vous relèverez que les mots illisibles sont très lisibles : « à jour fixé ».


S’il faut savoir lire pour écrire, autre façon de dire qu’il y a du lisible avant toute écriture, comme de l’audible avant tout langage, il faut une langue pour parler et pour écrire, une langue drivée par les discours qui s’imposent de liens sociaux.

C’est d’avoir couru après le signifiant dans la nature finlandaise que revenu sur un littoral connu j’ai relevé du lisible parmi les laisses de mer.
L’augure latin commençait par découper une part de ciel puis lisait ce qu’il y venait, de droite ou de gauche, quittant le cadre vers le haut ou vers le bas, etc. Je cadre ce que je vois, ce que je pense lisible.

Ce ne sont pas des traces ; les traces d’oiseaux, de mammifères, comme celles des humains, sont des signes, sans intérêt : je ne suis ni chasseur ni flic.

Que vois-je donc ? Le discours universitaire a produit un lexique, plutôt confus, les professeurs le disent eux-mêmes sans cependant trop s’en plaindre : les pictogrammes de la pictographie, dispositif mnémotechnique disent-ils.

Les mythogrammes sont des images notant des représentations mentales complexes. Les logogrammes sont ou sémantiques ou phonétiques, les premiers sont des idéogrammes, les seconds des phonogrammes. Les graphèmes notent soit des mots, ce sont alors des morphèmogrammes, soit des syllabes, et le professeur n’ajoute rien, des phonogrammes je suppose.

Je ne vois rien de tout cela, bien entendu. Je montre des laisses de mer et des marques qui pourraient être intégrées à un système de signes graphiques.


Compléments

Au cours de ces conférences, la remarque de Jean-Marie Durand sur la lecture que font les devins de la réalité.

Ci-dessous, une capture d’écran d’un moment d’une intervention de Jean-Michel Vappereau dans La parole et la topologie, éditions EME, 2012 :

Enfin, pour conclure ce moment de réflexion, une autre image, que proposait Anne-Marie Christin, celle d’un trompe l’œil romain. Voilà, c’est jeté comme lettres sur la page ou casses éparpillées sur le sol.

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